5 septembre 2010 rss

Premier syndicat des journalistes

Elections 2009 à la Commission de la carte

16 mars 2009

 

Chômage et précarité des journalistes

Il n’existe pas de statistiques sur le chômage des journalistes : nous représentons probablement trop peu de monde pour que l’Unedic, à qui nous avions posé la question, voie l’intérêt de faire des statistiques sur notre corps de métier. Quant à la Commission de la carte de presse des journalistes professionnels (CCNJP), qui délivre cette carte, elle n’a connaissance que des demandes qui lui sont faites, et n’a donc pas les moyens de produire de telles statistiques sur l’ensemble de la profession.

Cependant des orientations sont visibles. Elles sont mises en évidence tant à travers les dossiers que reçoit la CCNJP que par les remontées des différentes commissions et permanences du SNJ.

C’est à partir de 1995 que l’emploi des journalistes a commencé à se dégrader, par une diminution progressive des offres de postes, jusqu’alors assez abondantes, et, concurremment, l’augmentation, peu à peu, des collaborations rémunérées à la pige. Un sursaut il y a quelques années, au début de la presse en ligne, a fait revenir nombre d’offres d’emploi dans ce domaine, très souvent précaires et peu payées. Cette recrudescence d’offres a duré un an ou deux, puis s’est calmée. La situation en 2009, à la suite de tous les dégraissages et plans sociaux qui se sont accumulés en 2008 et continuent, est mauvaise.

Il n’y avait, jusqu’à cette année, que rarement de chômage complet chez les journalistes : un journaliste licencié parvenait à trouver au moins quelques piges, et vivait ou vivotait - parfois très mal - en combinant piges et allocation de chômage, jusqu’à ce que certains d’entre eux retrouvent un poste (au bout d’un an à dix-huit mois bien souvent), d’autres devant rester à la pige. Cela a créé un volant de plus en plus important de journalistes gagnant à peine leur vie, voire au-dessous du Smic.

Nous avions, par deux enquêtes à trois ans d’intervalle, pu conclure qu’un tiers des pigistes le sont par "vocation", les autres y étant contraints parce qu’ils ne trouvent ou retrouvent pas de poste fixe.

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La CCIJP, où nous sommes fortement représentés, a vu la précarité augmenter ces trois dernières années de façon accélérée, les pigistes étant les plus touchés (baisse globale des revenus, salaires bas dans la presse en ligne, augmentation du nombre de journalistes dépassant deux ans de chômage, augmentation du pourcentage de pigistes). Pour la première fois, le nombre de cartes attribuées a cessé d’augmenter cette année. D’autre part, il n’est plus exceptionnel, depuis quelques mois, que la permanence "emploi" du SNJ rencontre, parmi les journalistes qui la consultent, des confrères et consoeurs, inscrits ou non au chômage, qui ne trouvent désormais plus la moindre pige alors qu’ils avaient toujours eu plus ou moins de travail jusqu’alors.

F.L.

 

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